mercredi, janvier 21, 2009
Chaire Dauphine Management & Diversité
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mercredi, février 06, 2008
Tribune Figaro "Ce qu'il y a de chinois chez N. Sarkozy"
On fête en ce moment le Nouvel An chinois. Ouverture d'une année où les regards se tourneront vers Pékin, lors des Jeux olympiques. Un véritable dialogue en naîtra-t-il ? Ou bien la Chine continuera-t-elle de paraître étrange et lointaine, comme je le constate souvent à regret ?
Il y a pourtant «de la Chine» en France, sous des formes très diverses. Je ne parle pas seulement d'une communauté d'individus. Étant de culture à la fois chinoise et française, j'ai pris l'habitude de voir les réalités par un œil ou par un autre ; et je suis frappé, parfois amusé, d'observer que certaines choses qui se déroulent ici s'accordent facilement avec l'optique chinoise. À mon sens, c'est moins le signe d'une influence historique ou philosophique que du grand nombre de points de rencontre entre les deux formes d'expérience, qui peuvent s'entrecroiser, dialoguer, échanger leurs éléments, sans pour autant devenir similaires.
Et par exemple, en me replongeant récemment dans le traité de stratégie militaire de Sun Tzu, L'Art de la guerre, j'ai eu comme une révélation. Au sein de cet exécutif qui a su accueillir plusieurs visages de la diversité, il y a bel et bien un Chinois qui parachève le tableau sans que nul ne l'ait aperçu : c'est Nicolas Sarkozy.
Car sa manière d'agir, qui consiste à faire de la politique comme une guerre, c'est-à-dire en ayant en vue l'efficacité victorieuse bien plus que le respect des héritages idéologiques, s'accorde en plusieurs points avec des préceptes essentiels de Sun Tzu. J'en distinguerai trois.
En premier lieu, ce qu'on a appelé le «débauchage». Sun Tzu dit précisément au sujet du camp adverse : «N'oubliez rien pour lui débaucher ce qu'il y aura de mieux dans son parti : offres, présents, caresses, que rien ne soit omis.» Est-il nécessaire de rappeler la chronique des événements récents qui semblent avoir constitué l'application directe de cette maxime ? Mais pour ne faire injure à personne, notons que les personnalités de l'ouverture ont en effet été choisies pour leurs qualités réelles. Et que l'arsenal des «caresses» déployées a peut-être moins compté dans leur choix que la déliquescence objective du Parti socialiste, dont le stratège doit tirer parti également.
En deuxième lieu, on mentionnera l'usage de la zizanie. Sun Tzu recommande l'attisement systématique de la division chez l'opposant, afin de le rendre peu à peu inexistant. Un des propos essentiels de L'Art de la guerre est de montrer comment affaiblir l'ennemi en sorte qu'il ne soit même plus nécessaire de combattre pour l'emporter. À défaut de pouvoir attirer directement tous les membres de l'autre parti, il faut profiter des dissensions qui déchirent ceux qui y restent encore. Cette stratégie des «dissensions employées à propos» se met en œuvre par de petites touches qui aggravent dès que l'occasion s'en présente les fissures préexistantes. «Vous les détruirez peu à peu les uns par les autres, sans qu'il soit besoin qu'aucun d'eux se déclare ouvertement pour votre parti ; tous vous serviront sans le vouloir, même sans le savoir.»
L'essentiel du travail est alors accompli chez l'adversaire. Les petites inimitiés deviennent de grandes haines. Les ennemis deviennent surtout ennemis d'eux-mêmes. Au bout du compte, le débauchage par la flatterie n'est même plus nécessaire ! Le ralliement découle mécaniquement du désintérêt, sinon du mépris dont souffrent les meilleurs au sein de leur propre famille. «Leurs ministres les plus éclairés se dégoûteront, leur zèle se ralentira ; et se voyant sans espérance d'un meilleur sort, ils se réfugieront chez vous.»
En troisième lieu, on citera l'indifférence à l'idéologie. Seul compte le résultat. Ce qui est sous-jacent à ces procédés, c'est le primat de la stratégie sur l'idéologie ; et on le retrouve chez Sun Tzu comme dans tout un pan de la pensée chinoise. L'ouverture a surpris aussi bien dans le camp même du président : beaucoup considéraient qu'il existe un bloc d'idées de droite, faisant face à un bloc d'idées de gauche. Nicolas Sarkozy n'a cessé d'effacer les frontières idéologiques. Soit en évoquant, naguère, l'immense valeur d'un Jaurès dans l'histoire de France, soit en proposant, aujourd'hui, des mesures qui étaient depuis longtemps des revendications de la gauche, telle la suppression de la publicité à la télévision publique. À cette stratégie, la gauche oppose une conception défensive de ses idées qui la fait apparaître excessivement figée et sectaire. Elle se réfugie dans l'incantation de la pureté de ses valeurs, dans ce que Laurent Fabius appelait il y a peu le «télévangélisme» de Ségolène Royal, sans favoriser ni le dialogue ni l'efficacité.
Car, en définitive, pour être vraiment appréciée d'un point de vue chinois, la stratégie ne doit pas servir à la seule conquête du pouvoir personnel, elle doit être productive. L'ouverture me fait penser à la recherche d'une dynamique issue d'énergies divergentes, sinon contradictoires. De même que, dans le symbole du yin et du yang, le noir et le blanc semblent se conjuguer, fraternellement et concurrentiellement à la fois, pour enclencher un mouvement d'accélération.
On trouve, en Chine, une conception de l'identité fondée sur l'efficacité plutôt que sur l'idéologie. Identité ouverte, diverse, offensive. Sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, la droite s'est renforcée par la souplesse et la surprise. Elle a déplacé les limites de son identité. Mon héritage culturel m'incite à percevoir cela «à la chinoise».
Mais la pensée chinoise enseigne aussi que faire tenir ensemble les éléments antagonistes dans une harmonie productive est l'une des choses les plus difficiles qui soient, et qu'il y faut une grande sagesse. Souhaitons que notre gouvernement s'en ouvre toujours plus le chemin, en cette nouvelle année. Le «passage à vide» dont il est actuellement question dans la presse est sans gravité, s'il ne concerne que le bruit de la communication, et si l'action stratégique se poursuit, comme le dit Sun Tzu, dans un mouvement invisible et silencieux.
lundi, décembre 03, 2007
Quand la télévision découvre le péril jaune !

En revenant de son voyage auprès des Chinois de Chine, le président Sarkozy, s’il s’est un instant posté devant sa télévision la semaine dernière sur une chaîne commerciale, a pu découvrir les tribulations des Chinois de France.Inquiétante peuplade : ils ont des lunettes noires, de grosses bagues en or, des montres incrustées de diamants, et toute une collection de revolvers ; ils roulent dans de puissantes voitures allemandes. Ils préfèrent les règlements en liquide, et se promènent avec des mallettes remplies de billets de banque. Ils sont entourés de sbires qui récoltent la dîme mafieuse auprès des restaurateurs.
Le « Droit de savoir », sur TF1, a entrepris d’infiltrer le milieu chinois. Il a surtout rencontré un voyou qui s’est prêté volontiers à ce reportage, où il est manifestement ravi d’être présenté comme un parrain d’envergure. Le journaliste précise bien qu’il n’est pas dupe de ce jeu. Mais appelle-t-on cela une enquête ? Apparemment, la complaisance était des deux côtés.
La France avait, hélas, déjà pris l’habitude de se méfier de ses citoyens à la peau sombre. Voici maintenant qu’on lui apprend l’existence d’une nouvelle minorité dangereuse ! Soyez sur vos gardes : derrière chaque Chinois que l’on rencontre, se cache peut-être un agent des terribles « triades ».
Qu’il existe, dans la communauté chinoise comme ailleurs, des réseaux qui opèrent dans l’illégalité, je ne veux pas du tout le nier. Ce qui me choque, c’est la manière dont les Chinois – et les Asiatiques en général – apparaissent soudain à la télévision. Je me disais, en voyant cela, que la République semble avoir décidément un problème avec ses images.
Les Français d’origine africaine et nord-africaine luttent depuis longtemps pour obtenir une visibilité digne, pour se défaire du visage de délinquance qui a trop souvent été leur seule forme de représentation télévisuelle. Même si beaucoup reste à faire, réjouissons-nous que, désormais, le consensus soit de trouver légitimes et nécessaires toutes les actions qui peuvent réparer cette injustice.
Les Français d’origine asiatique ont été moins en pointe dans la revendication de visibilité. Il n’est pas évident, aujourd’hui, de citer le nom de l’une ou de l’un d’entre eux qui soit une personnalité connue du monde du sport, du spectacle, de la télévision, de la politique, ou de l’entreprise. C’est une minorité encore largement invisible !
Elle a tracé sa voie dans ce silence. Au fond, c’était aussi sa chance. Peu médiatisée, elle souffrait peu de stigmatisation publique. Rien n’était facile pour autant. Le racisme existait aussi à son égard. Mais au moins, quand on arrivait à un entretien d’embauche, l’image télévisuelle du brûleur de voiture ou du voleur de mobylettes ne se superposait pas à notre visage dans l’inconscient de l’interlocuteur.
Lundi 26 novembre sur TF1, j’ai compris tout ce qu’avaient pu endurer les autres minorités. Quand la caméra de télévision se braque sur l’altérité, quelle qu’elle soit, on dirait qu’elle ne peut s’empêcher de la montrer sous un jour marginal, peu recommandable. Qu’il faut à tout prix que l’altérité soit vraiment autre, jusque dans les mauvais sens du terme ! Si c’est cela, être une minorité visible, rendez-moi la discrétion ! Beaucoup de Français d’origine chinoise m’ont dit être affligés de l’image d’eux-mêmes qui vient ainsi au jour, et qui risque de faire son chemin dans l’inconscient collectif.
Des Noirs, des Arabes, des Chinois qui vivent normalement, qui réussissent même un peu, il en existe. Mais les voir à la télévision ? Quel intérêt, demandera le directeur des programmes ?
Le petit écran a certes besoin de bruit et de spectacle. Platon dirait que l’on y projette des ombres pour jouer à se faire peur, plutôt que des images austères de la réalité. Nécessité commerciale, dira-t-on. Bien sûr. Et si l’on se lassait des fantasmes ? Pourquoi les gens ordinaires ne seraient-ils pas intéressants, même et surtout quand ils sont légèrement « autres » ?
C’est aussi une question de responsabilité. Il est regrettable que la visibilité de toute une communauté soit confisquée par quelques individus douteux. Le problème est que l’on n’a que cette image ; car alors elle colle à tous. Et quelle énergie ne faudra-t-il pas pour s’en libérer, quand on connaît la force des représentations issues de la télévision !
Une des conditions du « vivre-ensemble », c’est, à mon sens, que nul ne soit contraint de subir une représentation de soi qui n’a rien à voir avec son existence réelle. C’est pour cela que montrer la diversité est essentielle. Et j’ajouterai même que montrer tout court ne suffit pas, qu’il faut montrer diversement la diversité, ou montrer la diversité dans sa diversité ; je veux dire par là, montrer que les Français issus des minorités vivent ou peuvent vivre des vies extrêmement différentes, que les Noirs ne sont pas seulement footballeurs, et les Chinois pas seulement restaurateurs. C’est ainsi que l’on réduira les risques de communautarisme, qui au contraire perdurent et même se renforcent, si on laisse se développer de telles « cases » dans la visibilité. Et je serai, honnêtement, bien moins choqué que l’on nous présente de pseudo-mafieux chinois en deuxième partie de soirée, lorsque l’on aura vu mille fois à la télévision des Asiatiques engagés dans tous les secteurs de l’existence.
A présent, nous sommes embarqués. On a sorti les Chinois de leur silence et de leur invisibilité. A l’approche des Jeux de Pékin, et dans le climat d’inquiétude que suscite la puissance de la Chine, on pouvait s’y attendre. On ne reviendra plus en arrière. Et puisque l’on est condamné à avoir une image, autant œuvrer pour qu’elle soit bien meilleure.
La télévision stigmatise et victimise à la fois. Une communauté pâtit d’une image aussi fantasmatique. La ruse de l’histoire, c’est que, à sa manière, un tel reportage fera peut-être beaucoup pour la représentation des Chinois et des Asiatiques en France, s’il fait apparaître à quel point il est regrettable que l’on ne montre d’eux que cela.
mardi, février 06, 2007
Tribune Les Echos : Ascension des femmes en Chine
La Chine et la France possèdent de nombreux traits en commun : une histoire millénaire, une civilisation éblouissante, un art de vivre d'un raffinement extrême, qui les placent légitimement au premier rang du concert des nations. Mais les deux pays partagent également une caractéristique un peu moins connue du grand public : leur citoyen le plus riche est une citoyenne ! En effet, si l'on sait depuis longtemps que la première fortune de France appartient à Liliane Bettencourt, principale actionnaire de L'Oréal, on ignore généralement que, depuis quelques mois, l'homme le plus riche de Chine est... une femme : le rapport Hurun, qui publie depuis 1999 la liste des Chinois les plus riches, vient de consacrer Zhang Ying à la première place de son classement, avec une fortune personnelle estimée à 2,7 milliards d'euros.
Bien entendu, ces classements, dont les Chinois sont friands (ils ne sont pas les seuls), ont une valeur toute relative, surtout en Asie : ils ne donnent qu'un cliché provisoire, un instantané éphémère d'une situation économique en mutation accélérée. Il suffit de se rappeler le triste sort d'un de ces milliardaires rouges, classé 16e dans cette même liste Hurun au début de l'année, qui se retrouve aujourd'hui dépouillé de tout et incarcéré suite aux enquêtes sur les détournements des fonds de retraite de la municipalité de Shanghai.
Deux femmes occupent donc la première place dans leur pays. Mais le mode d'acquisition de leur fortune est évidemment très différent, et cela me paraît emblématique du fossé qui existe entre deux mondes, l'ancien et le nouveau. Madame Bettencourt est une héritière pur sucre, qui a tout hérité de son père. Madame Zhang, pour sa part, est une véritable « self-made-woman », qui a bâti un empire à partir de pratiquement rien. En vingt ans, elle a fait de sa société, Nine Dragons Paper Holdings, le premier groupe de recyclage de papier et premier producteur d'emballage de Chine.
L'histoire de Mme Zhang m'inspire trois réflexions, que je livre ici aux lecteurs en espérant qu'elles contribueront à encourager les jeunes et moins jeunes dans leur désir et leur volonté d'entreprendre.
La première réflexion est liée à la notion de « liberté ». En effet, pour exister pleinement, l'entrepreneur du troisième millénaire doit être libre dans sa tête : il doit se libérer du poids du passé, de l'étroitesse d'esprit des préjugés. Il doit se libérer du carcan des catégories toutes faites pour comprendre que le monde entier constitue son champ d'action et que tout l'éventail des activités humaines est ouvert devant lui. Ainsi, le vieil adage « Il n'y a pas de sot métier » paraît plus vrai que jamais : pourquoi serait-on obligé d'aller vers des métiers traditionnellement auréolés de prestige social plutôt que d'innover ? La vraie réussite ne réside pas dans l'image que l'on donne. Quoi de moins glamour, par exemple, que la récupération de vieux papiers ? L'exemple de Mme Zhang montre qu'il faut être imaginatif, le métier importe peu, le succès sera au rendez-vous pourvu que l'on s'y investisse corps et âme.
La seconde réflexion est liée à la notion de « fraternité », car on ne réussit jamais tout seul : contrairement à beaucoup de chefs d'entreprises de Chine continentale, Mme Zhang n'a pas bénéficié d'appuis du Parti ou du gouvernement, mais elle a été soutenue par sa famille, par son réseau amical. C'est la solidarité familiale, de proximité, qui lui a permis de surmonter les épreuves et les moments difficiles.
La troisième réflexion, enfin, est liée à la notion d'« égalité », car nous devons prendre conscience que nous sommes tous égaux : en tant qu'humains, nous sommes tous mortels et nous vivons sur une même planète aux ressources limitées. Nous partageons donc un même destin, qui exclut individualisme exacerbé et indifférence égoïste à l'égard de notre prochain. Si le développement durable est devenu un thème mobilisateur, c'est que nous nous sentons de plus en plus responsables de l'état du monde devant les générations futures. Or, Mme Zhang a eu l'intelligence de choisir une activité qui contribue au développement durable : recycler les déchets et les vieux papiers préserve évidemment l'environnement et les ressources naturelles. Sur le site de la société Nine Dragons figure d'ailleurs une phrase qui me plaît beaucoup : « Nous chérissons la plus petite parcelle de la nature. » Ce souci du durable me paraît essentiel, car il prouve que l'éthique (c'est-à-dire le sens de la responsabilité) ne saurait être absente des fondements de toute entreprise citoyenne.
Liberté, fraternité, égalité, voilà des valeurs qui nous sont, à nous enfants de la République, familières et chères. Elles nous permettent d'envisager l'avenir avec optimisme et d'espérer un développement harmonieux de la société post-industrielle. Il est certainement prématuré de penser que, dans la société chinoise, les femmes ont réellement conquis une place égale à celle des hommes. Mais la réussite de Mme Zhang démontre que, dans un monde en crise, il est possible de saisir toutes les opportunités pour tirer la mondialisation vers le haut.
jeudi, août 24, 2006
Jean Pierre Raffarin donne sa vision sur les relations avec la Chine

Lors de notre dernière rencontre, Jean Pierre Raffarin m'a invité à participer à l'université d'été qu'il organise le 25 août à Poitiers sur les relations à horizon 2020 avec la Chine. Il m'a également indiqué qu'il serait heureux d'écouter les initiatives que pourraient prendre les français d'origine chinoise dans le développement des relations entre les deux pays. J'ai donc constitué un groupe de travail composé de cadre dirigeants biculturels avec l'idée de réfléchir sur la mise en place d'outils favorisant un approfondissement des relations bilatérales, et nous projettons d'élaborer une plateforme de proposition avec trois premières thématiques : le développement urbain, l'éducation, l'audiovisuel. En attendant, je vous invite à lire le livret rédigé par Jean Pierre Raffarin sur sa vision des relations Europe Chine. Le lien direct est http://www.carnetjpr.com/carnetjpr/uploads/Livret_Chine_JPR.pdf. Bonne lecture.
samedi, juillet 08, 2006
Tribune publiée au Figaro le 8 Juillet

Le projet de loi sur l'immigration de Nicolas Sarkozy atteste la détermination de son auteur. Cependant, posée comme un choix entre immigration « subie » et immigration « choisie », cette fermeté est rhétorique - qui pourrait raisonnablement préférer la première à la seconde ? - alors que sur le terrain, les conflits se multiplient. Les embrasements sporadiques de Montfermeil, au printemps, montrent que les braises de décembre 2005 ne se sont pas éteintes dans nos banlieues. Bien au contraire !Alors, ne se trompe-t-on pas de débat en se focalisant sur l'immigration plutôt que sur l'intégration ? Aujourd'hui, le véritable problème concerne moins le sort des immigrés à venir que celui réservé aux immigrés qui se trouvent déjà ici, souvent depuis très longtemps.
L'immigration pose non seulement la question du rapport à l'Autre, à l'étranger, mais celle du rapport à nous-mêmes. Car il n'est pas besoin d'être poète pour se rendre compte que « je est un autre » : l'Autre est en nous, nous sommes autres, la France est multicolore et diverse, c'est là une richesse commune qu'il faut découvrir et une chance à saisir. La question fondamentale pour nous, est celle du « vivre-ensemble ». Ce qui nous choque, c'est l'injustice faite à une partie importante de nos concitoyens, dévalorisés et déconsidérés de façon indigne. Comment les Français, tous les Français, quelles que soient leurs origines et leurs couleurs de peau, peuvent-ils vivre ensemble en partageant des valeurs communes, en contribuant à la prospérité de leur pays, en bâtissant l'avenir de leurs enfants ? Voilà le défi à relever.
Et bien, en dépit de la morosité ambiante, il nous faut croire à une France conquérante, une France qui gagne grâce à l'effort de tous les Français. Il existe de bonnes raisons d'espérer, et j'en vois, pour ma part, au moins trois.
La première est d'ordre structurel : nous vivons la fin d'un cycle.
L'ordre dominant s'essouffle après avoir épuisé ses forces vives. Un tel écart s'est creusé entre la société et ses élites que le changement devient un impératif catégorique. Il y a une aspiration générale à la rupture, aux mutations, une sensibilité nouvelle à la diversité. La classe politique n'échappe pas à cette mue nécessaire : son renouvellement est la condition sine qua non pour retrouver une vraie crédibilité. En ce sens, on peut considérer que le nouveau mode de désignation des candidats de l'UMP aux prochaines élections représente une ouverture pleine de promesses.
La seconde raison est d'ordre conjoncturel : il s'agit de l'arrivée à maturité d'une génération de jeunes issus de l'immigration et des meilleures écoles de la République, prêts à prendre la relève. Autour de moi, je vois des entrepreneurs, des fonctionnaires, des avocats, des financiers, des artisans qui ont tous envie d'un avenir meilleur et sont prêts à consacrer leur énergie pour le bâtir. Les cerveaux et la main d'œuvre qui construiront la France de demain se trouvent ici même. Nul besoin de les importer ! La communauté d'origine asiatique, celle que je connais le mieux puisque j'en suis originaire, ne cesse de donner des exemples de cette recherche d'excellence. Nous sommes donc un certain nombre à envisager 2007 avec espoir et détermination.
La troisième raison, à la fois structurelle et conjoncturelle, est évidente, c'est la mondialisation. En 2005, la France a dit non à l'Europe. En 2007, elle doit dire oui au monde ! Regardons la société cosmopolite qui existe chez nous, valorisons ses meilleurs éléments, tirons parti des expériences les plus dynamiques qui se multiplient dans le pays. Chérissons la substance de notre identité plurielle, notre culture de la diversité, et regardons l'avenir sans crainte. Il faut apprendre à lever les yeux et voir plus loin que la ligne bleue des Vosges, voir ce monde qui s'ouvre à nous.
Le vieux sage chinois Laozi disait : « Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres ». Nous avons devant nous une zone de turbulences et d'obscurité : dans le tunnel dont on ne semble pas voir le bout, allumons la lumière du cœur, laissons la générosité parler et l'ouverture occuper les esprits. Agissons afin que la prochaine Assemblée nationale soit véritablement aux couleurs de la France, avec des représentants jeunes et issus de la diversité, c'est l'effort à faire pour redevenir réellement républicains !
jeudi, avril 27, 2006
Rencontre avec Jean François Copé, Ministre du Budget
De nombreux entrepreneurs parisiens d’origine asiatique se plaignent de la violence des contrôles fiscaux à Paris avec des vérifications systématiques et des opérations « coup de poing » dans des quartiers entiers. Pourtant le tissu économique de la Ville de Paris est principalement composé par ces micro-entreprises actives et réactives qui ramènent souvent de l’animation dans certains quartiers «dortoirs» dévitalisés par la disparition du petit de commerce de proximité. Ceux qui regrettent les fermetures des boucheries, drogueries ou boulangeries ont raison d’attirer l’attention sur les difficultés de transmission des métiers de la main; malheureusement la réalité est que si une boucherie ferme, c’est que le boucher n’a pas trouvé un successeur ! Notre société dévalorise les métiers de la main ! Est-ce la faute à ceux qui reprennent ces locaux délaissés ? Avec quelques associations, je suis allé voir Jean François Copé, Ministre du Budget, pour signaler la difficulté de plus en plus grande d’entreprendre à Paris. Nous remercions le Ministre de nous avoir écouté et proposé de faire un colloque à Bercy pour dissiper les malentendus.
lundi, mars 20, 2006
Le journal "Le Monde" me convie au débat : " Des cités à la cité : Quelle France pour demain ?"
mercredi, mars 15, 2006
Une rencontre avec Jean Paul Delevoye, le Médiateur de la République
La communauté asiatique de Paris est en émoi : la République aurait-elle des intentions malveillantes à son égard ? En effet, dans plusieurs arrondissements de la capitale, notamment rue Montgallet et avenue de Choisy, les commerçants chinois sont traumatisés : ils ont été l’objet de contrôles systématiques et massifs, effectués par des centaines de policiers ou de gendarmes au cours de déploiements impressionnants. Pourquoi ces descentes massives en présence de caméras de télévision, alors que la communauté asiatique défraie rarement la chronique ? Ces méthodes musclées sont d’autant plus traumatisantes pour nombre d’Asiatiques, surtout de la génération de nos parents et aînés, qu’ils ont précisément cherché refuge en France pour fuir le terrorisme ou l’oppression d’État ! Y aurait-il, dans le climat d’intolérance et de discrimination qui prévaut aujourd’hui, une volonté délibérée d’humilier ces citoyens venus d’ailleurs, qui ont transplanté leurs racines dans la terre fertile de France ? S’agit-il de stigmatiser les Français d’origine asiatique dont l’intégration discrète et silencieuse constitue la meilleure illustration de la réussite du modèle républicain ? En compagnie d’un certain nombre de responsables d’associations asiatiques, je suis allé, cette semaine, interpeller le Médiateur de la République. En effet, les services de l’État, plus que tout autre institution, doivent se montrer exemplaires dans l’application des lois, conformément à la volonté du législateur et aux valeurs cardinales de notre pacte républicain, centré sur le citoyen. Rappelons, si besoin est, que notre pays est signataire de la Charte des droits fondamentaux de l’homme, un des modules essentiels du Traité constitutionnel européen dont beaucoup d’entre nous regrettent le rejet.
Cette rencontre a été des plus fructueuses, grâce à la disponibilité et au sens de l’écoute du Médiateur. Pendant près de deux heures, nous avons évoqué ensemble les problèmes rencontrés par la communauté asiatique quant à l’intégration (naturalisation, régularisation, « obstruction » de la part de certains services administratifs…), à la liberté d’entreprendre (répressions, violation du secret de l’instruction, incitation à la discrimination…) et surtout les soucis de la vie quotidienne (délinquance, insécurité, lenteur dans l’instruction des dossiers…). Au terme de ces échanges, il a été convenu de la mise en place d’un groupe de travail pour traiter ces dysfonctionnements. Nous remercions donc Monsieur Jean-Paul Delevoye de nous avoir écoutés, d’avoir délivré un message rassurant et essentiel à nos yeux : nous sommes bien partie intégrante de la communauté nationale !
jeudi, mars 02, 2006
Rencontre avec Jean Pierre RAFFARIN
C’est avec plaisir et honneur que j’ai organisé un dîner autour du Premier Ministre Jean Pierre Raffarin avec les dirigeants français d’origine asiatique.Dans son discours de Torronto, il a expliqué comment les relations sino-américaines ont dépassé le point de non-retour avec une imbrication désormais organique entre les 2 pays: la Chine détient 10% du stock des bons du Trésor américain et les américains ont besoin des produits chinois bon marché pour préserver leurs pouvoirs d’achat.
Pour lui, la réponse ne peut qu’être européenne avec une plate-forme de valeurs communes, une vision des relations à horizon 2020, une meilleure coordination des entreprises européennes dans les compétitions commerciales, et des partenariats avec des relations organiques comme ITER. Pour cela, il préconise une prise de conscience du phénomène chinois pour mieux préparer les esprits à accepter l’hyper-puissance chinoise.
Mais tout cela nécessite d’une meilleure dialectique pour éviter les chocs de civilisation ; c’est pourquoi j’ai soumis au Premier Ministre l’idée suivante : comment préparer le cadre des relations à horizon 2020 c’est à dire comment faire en sorte que ceux et celles qui vont être des acteurs dans les relations en 2020 disposent de toutes les clés de lecture d’une bonne compréhension réciproque ; en d’autres termes, comment préparer notre jeunesse à s’ouvrir davantage sur la Chine dès maintenant.
Notre rêve est de pouvoir imaginer un grand projet d’amitié France-Chine pour décloisonner nos civilisations et favoriser l’interaction des savoirs autour 5 piliers : la culture, l’éducation, le développement durable, l’audiovisuel et l’Europe.
dimanche, février 26, 2006
Trophée de la Diversité Entrepreneuriale
samedi, février 25, 2006
Le député Jérôme Chartier me demande de parler de la Mixité et les Elites à l’Assemblée Nationale

Le Club XXIème Siècle dont je suis membre depuis l’origine participe activement au débat de la représentation en France dans un esprit républicain car la diversité est une chance pour notre pays mais notre pays est également une chance pour la diversité.
Lors du colloque à l’Assemblée Nationale, j’ai eu l’opportunité de souligner que les entreprises sont plus exemplaires dans la mise en œuvre de la diversité non pas par zèle de citoyenneté mais simplement parce que c’est stratégique : stratégie commerciale avec des collaborateurs aux couleurs de leurs clientèles, stratégie de ressources humaines avec le remplacement des départs massifs à la retraite des babyboomers, stratégie de management avec cette mise sous tension permanente de l’organisation pour trouver le chemin du progrès.
Malheureusement ce n’est pas le cas des partis politiques pour qui la charte de la diversité reste une opération de communication. Une fois de plus, les entrepreneurs font preuve de pragmatisme et de volontarisme et leurs initiatives méritent d’être prises en considération par les politiques quand nous voyons le manque de diversité dans la représentation politique à l’Assemblée Nationale.
jeudi, février 16, 2006
Le Club XXIème Siècle et le Sénat organisent un colloque sur la « Diversité dans l'Entreprise ».
Le 16 mars s’est tenu au Palais du Luxembourg un colloque intitulé « Les Entreprises à la rencontre de la Diversité », co-organisé par le Sénat et le Club XXIème Siècle (www.21eme-siecle.org) dont je suis l'un des fondateurs - avec mon ami Hakim El Karoui, conseiller du Ministre de l'Economie et des Finances. Il s’agissait de faire le bilan des actions et expériences mises en œuvre par les entreprises signataires de la Charte de la Diversité, lancée sous l'impulsion de Claude Bébéar, président du Conseil de surveillance du groupe AXA.
De nombreuses entreprises sont venues témoigner de leurs expériences et bonnes pratiques un an après le lancement de la Charte. La bonne nouvelle est que désormais beaucoup sont convaincues que la diversité constitue à la fois une chance et une triple nécessité : nécessité « commerciale » dans une entreprise aux couleurs de la France où travaillent des collaborateurs aussi divers que les profils des clients, nécessité « stratégique » avec l’importance des remplacements imposés par les départs massifs à la retraite, et nécessité « managériale » permettant d’utiliser au mieux ce bouillon de culture-diversité mettant l'entreprise en interaction pour l'avenir.
L'entreprise n'a pas de leçon de morale à recevoir sur la nécessité de tenir compte de la citoyenneté pour faire avancer les choses : il y va de sa pérennité même, car la gestion de l'entreprise doit désormais dépasser les schémas de type militaire, prônant une approche de « haut en bas » et se contentant de collaborateurs qui exécutent dans l'abstraction. Dans l'entreprise du XXIème siècle, l'écosystème est nourri par des cellules et micro-organismes divers qui ne peuvent que renforcer son système immunitaire. C'est donc une implication qui dépasse la simple déclaration d’intention, exigeant des approches structurées et méthodologiques s'appuyant sur des outils de gestion, des objectifs quantitatifs et des instruments de mesure du progrès.
En présence des sénateurs Philippe Dallier et Bariza Khiari, du Ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances, Azouz Beggag, et de la Présidente du MEDEF, Laurence Parisot, le Club XXIème Siècle a appelé à la nécessité d'ouvrir le débat sur les instruments de mesure, sans lesquels la promotion de la diversité demeurera un débat conceptuel, servant de paravent à une situation de fait aussi figée qu'insatisfaisante.
Le Club XXIème Siècle rassemble des hommes et des femmes qui veulent montrer par l'exemplarité que la diversité est une chance pour la France, et que la France est une chance pour la diversité.
De nombreuses entreprises sont venues témoigner de leurs expériences et bonnes pratiques un an après le lancement de la Charte. La bonne nouvelle est que désormais beaucoup sont convaincues que la diversité constitue à la fois une chance et une triple nécessité : nécessité « commerciale » dans une entreprise aux couleurs de la France où travaillent des collaborateurs aussi divers que les profils des clients, nécessité « stratégique » avec l’importance des remplacements imposés par les départs massifs à la retraite, et nécessité « managériale » permettant d’utiliser au mieux ce bouillon de culture-diversité mettant l'entreprise en interaction pour l'avenir.
L'entreprise n'a pas de leçon de morale à recevoir sur la nécessité de tenir compte de la citoyenneté pour faire avancer les choses : il y va de sa pérennité même, car la gestion de l'entreprise doit désormais dépasser les schémas de type militaire, prônant une approche de « haut en bas » et se contentant de collaborateurs qui exécutent dans l'abstraction. Dans l'entreprise du XXIème siècle, l'écosystème est nourri par des cellules et micro-organismes divers qui ne peuvent que renforcer son système immunitaire. C'est donc une implication qui dépasse la simple déclaration d’intention, exigeant des approches structurées et méthodologiques s'appuyant sur des outils de gestion, des objectifs quantitatifs et des instruments de mesure du progrès.
En présence des sénateurs Philippe Dallier et Bariza Khiari, du Ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances, Azouz Beggag, et de la Présidente du MEDEF, Laurence Parisot, le Club XXIème Siècle a appelé à la nécessité d'ouvrir le débat sur les instruments de mesure, sans lesquels la promotion de la diversité demeurera un débat conceptuel, servant de paravent à une situation de fait aussi figée qu'insatisfaisante.
Le Club XXIème Siècle rassemble des hommes et des femmes qui veulent montrer par l'exemplarité que la diversité est une chance pour la France, et que la France est une chance pour la diversité.
mercredi, janvier 25, 2006
mercredi, janvier 11, 2006
Nguyen Khanh nous reçoit au CobaSaigon à Bussy Saint Georges
jeudi, janvier 05, 2006
Jean Monnet Spirit
L’action la plus dramatique de la vie de Jean Monnet eut lieu en 1914 dans le bureau du président du Conseil René Viviani. Ce matin là, Viviani a perdu deux de ses trois fils à la bataille de la Marne. C’est le début de la guerre de 14-18. Monnet revient d’Angleterre et s’apprête à partir en Amérique du Nord pour la vente des Cognac de l’entreprise paternelle. Il est négociant en spiritueux. Il a 26 ans. Grâce à un ami de son père, il obtient un rendez vous avec le président du Conseil pour lui exposer l’impasse dans laquelle la France s’engage contre l’Allemagne, et la nécessité d’organiser les approvisionnements en commun avec l’Angleterre ; en quelques minutes Viviani est convaincu par la vision du jeune inconnu, et le fait nommer coordinateur de l’effort de guerre interallié à Londres jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. Sa vie venait de prendre un virage radical.
samedi, décembre 17, 2005
Rencontre avec les Chinois d'Indochine
vendredi, décembre 16, 2005
Etre français au XXIème Siècle
Aujourd’hui plus que jamais, la France, en tant que communauté nationale, a besoin de savoir ce qui la constitue : qu’est-ce qu’être Français au XXIème siècle ? Dans un monde aux repères changeants, bouleversé par la mondialisation, quelle définition de l’identité française proposer, qui soit en mesure de rassembler plutôt que de diviser ?
Connaître et comprendre son passé afin de mieux définir son identité au présent, telle est la finalité de l’ample travail de mémoire qui s’effectue aujourd’hui, dans nombre d’initiatives à travers le pays. La création de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, dont l’inauguration est prévue en 2007, manifeste d’ailleurs l’extrême importance accordée par les autorités politiques à cette tâche.
Car la question de l’histoire de l’immigration est éminemment politique, au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’elle conditionne la possibilité même de notre « vivre-ensemble », de notre vie dans la cité de demain. Au moment où les tensions sociales déchirent le tissu urbain, où les tentations communautaristes ou religieuses menacent la cohésion de la collectivité, il est urgent de construire un récit et une représentation de la France où l’apport spécifique de chacun soit reconnu à sa juste place.C’est en cela qu’il nous tient particulièrement à cœur de contribuer à enrichir cette histoire.
Connaître et comprendre son passé afin de mieux définir son identité au présent, telle est la finalité de l’ample travail de mémoire qui s’effectue aujourd’hui, dans nombre d’initiatives à travers le pays. La création de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, dont l’inauguration est prévue en 2007, manifeste d’ailleurs l’extrême importance accordée par les autorités politiques à cette tâche.
Car la question de l’histoire de l’immigration est éminemment politique, au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’elle conditionne la possibilité même de notre « vivre-ensemble », de notre vie dans la cité de demain. Au moment où les tensions sociales déchirent le tissu urbain, où les tentations communautaristes ou religieuses menacent la cohésion de la collectivité, il est urgent de construire un récit et une représentation de la France où l’apport spécifique de chacun soit reconnu à sa juste place.C’est en cela qu’il nous tient particulièrement à cœur de contribuer à enrichir cette histoire.
jeudi, décembre 15, 2005
Des nouvelles de Chine
Une explosion dans une mine de charbon de la province du Liaoning ; un tremblement de terre dans la province du Jiangxi déplaçant près de 500.000 personnes ; deux explosions dans des usines pétrochimiques à Jilin et à Chongqing provoquant une pollution au benzène dans la rivière Songhua et privant d’eau potable les quatre millions d’habitants de la ville de Harbin. Ces événements tragiques, qui sont de natures différentes, suscitent des réflexions et des sentiments mitigés. Devant une telle situation, me revient à l’esprit une de ces comparaisons entre pays dont les Anglo-Saxons sont friands : on dit souvent que l’Inde, qui paraît en ébullition en surface, est très stable en profondeur alors que la Chine, qui paraît très stable en surface, bouillonne en fait en profondeur, déchirée par les conflits structurels engendrés par l’ampleur du développement économique et sa rapidité, surtout.
En verrouillant l’information, on peut donner l’illusion que tout va bien, mais combien de temps peut durer ce leurre à l’ère de la mondialisation ? Il ne s’agit pas ici de donner des leçons à qui que ce soit, mais on a toujours des choses à apprendre des autres : peut-être la Chine pourrait-elle jeter un regard sur son voisin indien et s’inspirer de certaines pratiques, qui montrent qu’il n’est pas nécessaire d’avoir peur de dire les choses, car la peur n’est jamais bonne conseillère.
En tout cas, je vois comme un signe encourageant l’attitude des autorités locales et des dirigeants de la China National Petroleum Corp., qui ont présenté leurs excuses à la population de Harbin !
mardi, décembre 06, 2005
L'immigration asiatique en France
L’immigration asiatique en France, peut-être parce qu’elle ne porte pas en elle les stigmates de la décolonisation, paraît souvent plus discrète ou silencieuse que les autres immigrations. En tout cas, elle ne semble pas susciter les polémiques qui entourent habituellement ce sujet sensible.Son histoire est pourtant complexe et mérite d’être racontée de façon plus détaillée. On considère souvent que l’arrivée des immigrants asiatique sur le territoire français s’est faite en trois vagues distinctes : la première, à partir de la province du Zhejiang, débute dans les années 30, s’interrompt pendant la période maoïste et reprend en 1986 ; la seconde intervient dans les années 1970, en provenance du Sud-Est asiatique, et voit une population d’origine « indochinoise » s’installer dans le XIIIème arrondissement de Paris ; enfin une troisième vague amène, à partir de 1997, des migrants originaires de l’ex-Mandchourie, ceux qu’on appelle, non sans dédain parfois, les « Dongbei ». Une telle classification a le mérite de la simplicité, mais elle s’avère incomplète. Car l’immigration chinoise est plus ancienne : pendant la Première guerre mondiale, dans le cadre d’une convention signée entre les autorités chinoises et les gouvernements alliés, près de 150.000 Chinois arrivèrent pour participer à l’effort de guerre.
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